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Au moment où l'Europe entière a les yeux rivés sur les terrains de foot de l'Euro 2016, je prends la direction de l'île de Noirmoutier pour ma dernière course de la saison.

 

 

Dernière course également dans la région... Pas mal de nostalgie, mais quel plus beau cadre pour conclure ce passage dans l'Ouest que cette course au milieu de la mer, baptisée "l'enfer vendéen" en raison des pavés qui jalonnent cette chaussée praticable seulement quelques heures par jour à marée basse !

 

 

 

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Contrairement à ce que je pensais il y a quelques années, la course de masse n'a pas lieu les pieds dans l'eau. Ce sont seulement 30 athlètes d'élite triés sur le volet qui auront cet honneur un peu avant 20h.

 

Quand on parle de masse, le terme est bien choisi : l'affluence est énorme. On dirait un flux de supporters un soir de derby. L'accès au parking se faisant par une route étroite, ça bouchonne sévère et je commence à réaliser que je vais avoir du mal à effectuer un échauffement digne de ce nom.

 

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Il me reste à peine une petite quinzaine de minutes avant le coup d'envoi ! Allez on ne panique pas... de mauvaises conditions, un but de retard, ça se remonte... Footing jusqu'au retrait des dossards, où l'on me remet le t-shirt souvenir. Pas le temps de ramener ce collector au vestiaire, mais pas question non plus de l'enfiler par-dessus celui que j'ai déjà... Vous avez déjà vu un footballeur avec 2 maillots ?! J'opte finalement pour une solution intermédiaire : je me le noue autour du bras façon brassard de capitaine.

Sacrifiant mon échauffement, je me place dans le sas qui déjà déborde de runners. Pas la peine de réfléchir des heures entre le 4/4/2 et le 4/3/3, mieux vaut partir pas chaud mais bien placé plutôt que bien échauffé mais trop loin derrière (petite dédicace à Elisa qui a passé la philo).

 

ISWP0047Le starter retentit et le premier km est consacré à se frayer un chemin parmi les défenseurs adverses. Une défense serrée façon catenaccio des années 80 ! Passage en 4'22... Ajoutons à cela un vent de face terrible comme il pouvait souffler dans l'ancien stade Vélodrome avant le nouveau toit... je m'enlise entre 4'20 et 4'30 sur les 4 premiers km que comporte le trajet aller vers l'île (le départ se fait côté continent).

Une allure semi, on s'endort !!! Au demi-tour, c'est le moment de lancer la contre-attaque. Bien sûr cette fois-ci le vent pousse mais les réserves sont entamées. Je ne peux faire mieux que du 4'10 qui était pourtant mon objectif sur la distance.

Un oeil quand même sur les appuis, attention à ne pas chuter sur les pavés et se relever avec des algues plein le cuissard à la Michel Blanc dans les Bronzés...

 

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Malgré l'enthousiasme habituel de Daniel au micro, qui nous ferait presque oublier l'éternel Thierry Roland, je n'ai pas les moyens d'aller chercher mieux qu'un sprint pour l'honneur avec le concurrent devant moi.

J'ai son maillot vert en point de mire depuis un moment qui n'est pas de l'AS St-Etienne mais de l'Entente Sèvre. Au prix d'une accélération dans le faux-plat final je parviens à le devancer sur la ligne, bouclant le parcours en 33mn02.

 

 

ISWP0039C'est l'heure d'analyser le résultat : conférence de presse avec moi-même tout en savourant un retour au calme au petit trot sur le parking bondé ! Disons que le chrono brut est décevant, mais compte tenu du départ à froid, du vent, ça reste acceptable. J'ai au moins réussi à trouver une motivation et à ne pas sombrer.

On va dire : une qualification en phase de poules mais sans briller !

Pour le panache, la victoire finale, c'est vers les pros qu'il faut se tourner. J'ai quitté le parking comme certains spectateurs s'extirpent avant la fin du match pour une sortie plus facile... pour aller à nouveau sur l'île, par le pont cette fois-ci, assister au départ de la mythique "course contre la mer" !

 

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Quelques spectateurs, habitués ou vacanciers, sont là aussi. Petit clin d'oeil aux couleurs rouge & blanc de la Vendée, l'affluence est comparable à celle des matchs de l'AS Monaco au stade Louis-II.

L'instant est aussi fugace que magique. Nous voyons le chemin se recouvrir d'eau , et le peloton de coureurs s'enfoncer peu à peu en s'éclaboussant à chacune de leurs foulées.

 

 

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Certains suivent la course avec leurs jumelles... j'ai déjà perdu de vue les athlètes, mais qu'importe... le résultat est tellement secondaire ! Je vais rentrer : forcément par le pont, puisque la mer s'est refermée.

Quelle course exceptionnelle ! Quel cadre ! Un des plus beaux stades du monde !!

Nono